La veille du jeudi de la Toussaint

La veille du jeudi de la Toussaint
La veille du jeudi de la Toussaint je me suis rendue à Sainte Croix de Caderle après avoir été avertie par des promeneurs de plusieurs animaux dans un état d'abandon quasi total. C'est avec effroi que nous avons découvert trois chiens attachés à des arbres dans un état de maigreur impressionnant sans eau, sans nourriture et sans abris, dormant à même le sol dans une commune de montagne où la température est déjà bien fraîche. Bien sûr il s'agit de trois molosses, deux Rottweillers et un jeune Cane Corso absolument squelettique. Plus loin dans un minuscule poulailler, un petit âne tournait en rond, il semblait nous implorer de lui ouvrir la porte. Comme les autres il n'avait rien à manger et sa maigreur laissait apparaître une colonne vertébrale saillante ainsi que ses hanches. Son poil d'hiver devait dater de l'année dernière et il était couvert de poux. Il fallait agir vite et j'étais effrayée à l'idée du pont de 4 jours. Je n'ai donc saisie la Direction des Services Vétérinaire que le lundi 5 novembre et l'affaire a été menée bon train. Dans la journée Monsieur le Préfet prenait un arrêté nous autorisant la saisie de tous les animaux en présence des gendarmes et d'un technicien D.D.S.V. Le mardi 6 novembre nous procédions à l'enlèvement mais quelle ne fut pas ma surprise de constater que le Cane Corso avait disparu, lui et sa chaîne. La première idée qui m'est venue à l'esprit a été la mort car son état cachectique ne pouvait lui permettre de rester en vie très longtemps.

Nous avons donc pu prendre le petit âne, le mâle et la femelle Rottweiller. J'avais eu la prudence d'emmener Jo mon salarié qui a fait des études d'éducateur canin et j'avoue avoir été surprise par son savoir faire auprès des molosses. En quelques minutes il les avait en laisse tous les deux ! Pour la petite histoire il faut préciser que ce tortionnaire là est aussi vigile propriétaire d'une société de gardiennage et qu'il habite en Lozère, sachant que les animaux étaient dans le Gard à plusieurs dizaines de kilomètres de chez lui et qu'il ne leur rendait visite que 2 fois par semaine. Les animaux ont vraiment l'instinct de survie très développé ! A ce jour tout le monde est à la maison, chacun a vu le vétérinaire et les chiens pèsent à peu prés la moitié de leur poids, autant vous dire que les 2 gamelles quotidiennes ne font pas un pli ! Léon, l'âne a été traité pour les poux, vermifugé et nourri avec du haut de gamme. Tout trois sont des amours et nous sommes très heureux de les avoir sortis de cette galère. Nous avons finalement eu des nouvelles du Cane Corso et il est bien vivant. Il a tout simplement changer d'arbre, il es attaché dans la cour de son propriétaire. J'ai bien sûr déposé plainte. Affaire à suivre.

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# Posté le dimanche 27 janvier 2008 07:41

le 10 septembre 2007

le 10 septembre 2007
le 10 septembre 2007

Enfin des nouvelles ! Je sais, c'est toujours un peu long, mais ici c'est toujours un peu dur ! C'est vrai, j'ai eu quelques semaines improductives, presque léthargiques pendant lesquelles j'ai tourné en rond en essayant de faire mon deuil. Ca va mieux et je suis repartie de plus belle, sachant que dans ce monde cruel il ne faut surtout pas s'endormir et pour cause ! J'étais presque en train de devenir une bonne à rien mais quelques coups de téléphone m'ont obligée à me ressaisir, et tant mieux.
Les photos qui vont suivre pourraient vous paraître du voyeurisme tant elles sont insupportables, mais non, c'est tout simplement la réalité et, une fois de plus, je ne pouvais rester immobile, ressassant ma peine et oubliant ceux qui sont en détresse. Je vais tout de suite vous rassurer, ils sont déjà tous à la maison faisant l'objet des meilleurs soins. Ouf !
Fin août, je suis alertée par un mail venant de l'Hérault, me signalant un élevage de chevaux près de Mèze dont l'état est bien loin d'être satisfaisant. Il faut dire que les conditions ne sont pas réunies. Les chevaux ne sont pas abreuvés, très peu nourris et des personnes sensibles se sentent obligées de parer au plus pressé en apportant, le plus souvent possible eau et nourriture. La plupart des juments sont gestantes, les plus jeunes et les plus solides résistent au mieux mais celles qui ont un peu d'âge et dont la santé n'est pas au top niveau sont à la traîne et, sont très vite devenues cachectiques, c'est à dire maigres jusqu'à la fonte musculaire. Quant au petit étalon, Bunty, c'est une véritable pitié. Il souffre, depuis je ne sais combien d'années, de fourbure chronique, lui mettant une pression insupportable dans ses pauvres petits pieds. Il faut dire que nous savons de source sûre que ce pauvre animal est resté pendant quatre ans dans un box sordide duquel il ne sortait que très rarement pour ne pas dire jamais.
Il est sur un terrain caillouteux où il est pour lui très difficile de se déplacer. Du soleil, de la chaleur, du vent très souvent violent, tel est son environnement, mais il essaie de survivre, et ses yeux en disent long sur son désespoir. Il est toujours content d'avoir de la visite et les personnes dévouées ne tarissent d'éloges sur son caractère affectueux. Lors de l'enquête j'ai pu m'en apercevoir, il ne me lâchait plus ! Il fait partie de ceux qui ont rejoint le refuge avec les deux juments Palomino qui, étaient elles aussi en danger, à vous de juger de l'état. Merci à la D.D.S.V. de l'Hérault pour son efficacité et sa rapidité.
Pour la petite histoire il est important de signaler que ces trois chevaux saisis sont tous pleins papiers de Quarter Horse, chevaux américains représentant une certaine valeur marchande, et c'est là qu'on se pose la question: " Où est le profit pour les soit-disant éleveurs " parceque bien sûr, le propriétaire se dit éleveur. Eleveur bien dépassé dont la gestion me semble poser problème. Pas trop d'argent pour la nourriture, pas trop de temps pour porter l'eau, toujours aussi peu d'argent pour le vétérinaire, quant au maréchal, il ne reste plus rien !
Depuis leur arrivée comme d'hab. , tout à été mis en place et les voilà partis pour une nouvelle vie. Celui qui me donne le plus de soucis, c'est Bunty, sa fourbure chronique est irréversible, on peu noter une bascule et atrophie de la troisième phalange, le pied antérieur droit est rétracté. Aujourd'hui il a été ferré orthopédiquement, il est sous anti-inflammatoire et la litière de copeaux très épaisse qui tapisse sont box lui permet d'évoluer avec un peu plus d'aisance.

Le 6 septembre, accompagnée de la D.D.S.V. et des gendarmes nous débarquions sur le site pour emmener nos pauvres malheureux.



Notre Bunty



Mais ce n'est pas tout, un malheur n'arrive jamais seul et, la veille de partir pour la saisie des chevaux américains, je reçois le soir un mail, me signalant un troupeau de squelettes ambulants à huit kilomètres de l'endroit où nous devons intervenir. Interloquée, je saisie la D.D.S.V. de l'Hérault, travaillant sur mon ordinateur jusqu'à 23 heures, en expliquant que nous pouvons faire d'une pierre deux coups, profitant du camion, et qu'avec le van en complément, nous pouvons emmener tous ce petit monde vers un meilleur destin. Il faut dire que les photos étaient parlantes et que déjà j'avais les larmes aux yeux, bien décidée à faire le maximum. C'est comme ça, que le six septembre nous procédions à deux saisies à la fois. Si la première c'est bien passée ( le propriétaire avait l'air de prendre conscience de ses erreurs ! ! ! ), la deuxième nous a tout de suite semblé plus compliquée. Il faut dire que le " propriétaire", est un repris de justice et que, au récit de ses exploits, nous avons eu quelques frissons. Ce " brave " monsieur avait été incarcéré quelques années pour avoir écrasé les jambes d'une femme avec sa voiture, car elle n'était pas d'accord avec lui. De quoi refroidir les plus courageux ! Mais nous étions bien secondées, Marilyne et moi par la D.D.S.V, la gendarmerie, et la police municipale. A vrai dire, aucun document ne pouvait prouver la propriété de cet individu. Aucun cheval ni poulain n'était pucé ni identifié et les papiers étaient inexistants. Après avoir été averties que nous ne pourrions jamais attraper ses animaux ( dixit le propriétaire ) nous sommes arrivés, sûrs de rien avec nos licols et nos longes, et, miracle, ils sont tous venus confiants se jeter dans nos bras. A notre grand étonnement malgré leur faiblesse et leurs carences, ils sont tous montés dans le camion ne posant aucun problème, même la vieille jument au pied cassé dont l'état de cachectie nous a fait craindre le pire.La plupart sont des poulains carencés, je dirais même très carencés, au point qu'une des pouliches présente une anomalie que je n'avais encore jamais vue malgré mon habitude des pathologies rares. En effet cette petite pouliche aux yeux bleus avait tellement manqué que sa machoire n'avait pas évolué normalement et que des dents n'avaient pas la place de sortir, affirmation de notre vétérinaire. De plus en plus étonnant et de plus en plus navrant !
Tout ce petit monde est arrivé à bon port, et nous sommes heureux de faire le maximum pour qu'ils puissent retrouver une vie décente après tant de martyre. Il faut préciser que l'eau n'était distribuée à ces animaux avec parcimonie et que grâce à l'alimentation régulière de quelques bienfaiteurs, ils ont pu survivre.

Dès cette semaine deux plaintes seront déposées auprès du Procureur de la République de Montpellier.

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# Posté le dimanche 27 janvier 2008 07:33

twiggy

twiggy
Le week-end dernier j'ai été alertée par une cavalière qui randonnait du côté de la Drôme et qui avait remarqué, au milieu d'un troupeau, une petite pouliche de trait se traînant à côté de sa mère et ne pouvant pas se lever sur ses postérieurs. Notre randonneuse émue se met à la recherche du propriétaire et a apprend par ce dernier que le bébé comtois avait eu un accident la nuit d'avant. La pouliche avait essayé de sauter dans un râtelier de prairie où elle était restée bloquée toute la nuit.
Avertie de ces faits par mail le samedi 14 et après avoir examiné la photo jointe, de très près, mon inquiétude n'a cessé d'augmenter et quelques recherches plus tard, je décide d'appeler le propriétaire. Ce dernier commence par s'emballer, me disant de m'occuper de mes affaires. C'est alors que j'ai opté pour la douceur, quelque peu hypocrite, mais qui permet le dialogue, indispensable dans ce cas. J'apprends donc que le vétérinaire est venu, diagnostiquant des lésions musculaires et peut-être une luxation de la hanche, mais que sans radio, il était difficile de savoir si il y avait une ou plusieurs fractures. A partir de cet instant l'image du pauvre bébé ne m'a plus quittée et l'envie d'atteler mon van et de voler à son secours n'a fait que s'amplifier. Je rappelai donc l'éleveur, lui proposant de racheter cet animal dont il ne pourra jamais rien faire et dont le destin " boucherie chevaline" semblait bien compromis pour un poulain de 2 mois. Il finit par accepter et, dés le lundi matin je partais, direction le nord de la Drôme accompagnée de Nella, "gentille délatrice". Nous n'avons bien sûr pas pu prendre de photo à notre arrivée sur place mais les larmes nous sont vite montées aux yeux en voyant le triste tableau et en respirant cette "odeur de mort" que je connais déjà trop bien. L'état infectieux était très avancé, les escarres étaient couverts de pu et la pouliche gisait couverte de mouches au milieu des excréments de sa mère. Mon espoir de la sauver commençait à s'envoler mais j'ai vite senti une sorte d'énergie vitale qui se dégageait de ce petit animal pour le moins, agonisant. Je vous passe les détails de l'embarquement à la fourche du tracteur, l'énervement du paysan et l'ambiance tendue qui en découlait mais, une heure après nous emmenions notre précieux trésor en direction du refuge. Nous avons pu négocier le prix en faisant descendre de 300 euros à 200, expliquant que les chances de la sauver étaient quasi inexistantes et que le fait de la laisser agoniser à la ferme ne lui rapporterait pas un centime. Pendant le voyage nous avons, au téléphone, supplié nos vétérinaires de bien vouloir nous attendre, malgré l'heure tardive et quelques heures plus tard, l'appareil de radiologie nous apprenait qu'aucun membre n'était fracturé. Depuis la jolie Twiggy est choyée par toute l'équipe, elle est levée au palan régulièrement, soignée, perfusée. Un traitement par injection lui a été prescrit et nursing (la retourner plusieurs fois par jour) et rééducation sont devenus notre quotidien. Chaques jours nous notons un nouveau progrès, aussi petit soit-il, mais qui nous permet de garder un peu d'espoir. C'est un amour.

Se tiendra-t-elle un jour debout sur ses 4 pieds ? C'est la question cruciale.j'y mets mon savoir, mon expérience et mon amour et l'équipe me suit, pourvu que ça marche ! Même mon chien Sisco vient veiller sur elle !

Twiggy sera-t-elle une nouvelle miraculée du refuge ?

malheuresemnt :
J'ai pu rester un peu plus d'une heure avec elle pour le dernier adieu qui me déchirait le coeur, elle a mangé son foin avec appetit, hennissait si je me levais et mettait sa tête contre moi quand je me rasseyais prés d'elle. Jusqu'à la dernière minute elle a été la plus adorable des pouliches et je ne pourrai jamais oublier sa jolie petite frimousse et les merveilleux moments que nous avons passé ensembles. Twiggy n'a jamais trotté que dans ma tête, que dans mes rêves et ma seule consolation est de savoir que pendant quelle était prés de nous elle a été heureuse et choyée. Si je l'avais laissé dans sa ferme, elle serait morte à petit feu dans les souffrances qu'on peut à peine imaginer.Adieu ma Twiggy tu nous laisses un très grand vide. J'ai repris la route avec difficulté, les larmes plein les yeux et la tête prête à exploser !

# Posté le samedi 18 août 2007 08:30

une histoire très enervante

une histoire très enervante
J'essaie de déméler quelques enquêtes, des ânes détenus dans des conditions inacceptables, maigres, couverts de poux, ni bien nourris ni bien abreuvés et j'ai de grandes difficultés à les faire enlever.L'anesse gestante ne peut mêttre bas dans de telles conditions.
Un chien qui meurt lentement enfermé dans un garage ( ne vous inquiétez pas je m'en occupe ) et aussi tous les animaux d'un refuge à placer après le douloureux décés de leur propriétaire. Tous ça va pouvoir se régler pour le mieux dans les semaines qui vont suivre.

Un vétérinaire (de notoriété publique) a osé dire que les ânes étaient en parfait état et qu'il n'y avait absolument rien à redire, menaçant les personnes auteur d'une pétition, de poursuites judiciaires ! ! ! Je vous laisse apprécier !

# Posté le samedi 18 août 2007 08:27

manon

manon
C'est encore une histoire d'âne, bien triste au départ mais qui est en train de tourner plutôt bien. Le 5 juin, je suis appelée au téléphone par la mairie de Villeneuve-les-Avignons ( pas la porte à coté !) car les policiers municipaux ont trouvé sur la route une vielle ânesse dans un si triste état, que la secrétaire de mairie en à fait déplacer un vétérinaire. Personne ne sait quoi faire de la pauvre petite vielle et bien sûr Paula Loïs pourrait bien venir la chercher ! Aussitôt dit aussitôt fait, nous attelons le van et partons bille en tête, Marilyne et moi, voler au secours de la pauvre abandonnée. Après avoir appelé des amis qui habitent sur place, nous nous retrouvons au centre ville, et Delphine et Chloé nous conduisent à l'endroit où le pauvre animal a été attaché. Triste découverte ! L'ânesse est prostrée, la tête en bas, elle ouvre et ferme sa bouche sans arrêt, un peu comme une carpe et j'avoue que nous sommes toutes très impressionnées. Son corps est encore couvert d'un poil d'hiver épais, mais lorsque nous passons la main sur son échine nous sentons une terrible maigreur. Inquiète, je vais immédiatement en bouche et découvre d'abord une dentition à faire frémir. Certaines molaires ont tant poussé, qu'elles sont devenues immenses provoquant ce geste cité ci-dessus et empêchant complètement l'ânesse de se nourrir. En plus, je découvre un lampas, énorme inflammation du palais et franchement je me dis qu'il était temps que cette pauvre petite vielle se perde pour avoir la chance de nous rencontrer.

Depuis, le propriétaire a été retrouvé, nous savons que notre rescapée s'appelle Manon, qu'elle est très vielle (je l'aurai deviné ! ) et que son papa préfère que nous la gardions car il n'a as les moyens de s'en occuper. Manon a eu beaucoup de chance, le dentiste équin a fait un excellent travail, elle peut maintenant manger à volonté, son poil d'hiver a disparu grâce à un très bon pansage et si elle reprend du poil, c'est celui de la bête ! Elle a déjà beaucoup changé, elle est absolument adorable et fait ici l'unanimité. Les photos produites ce soir sont celles après son arrivée, les plus jolies seront pour la prochaine fois. Brave Manon tu mérites bien un peu de bonheur et à mon avis, tu finiras tes jours au refuge.

voila une de mes histoire d'ane la plus recente

# Posté le samedi 18 août 2007 08:24